vendredi 19 juin 2009

ANPE, Chomage, crise : le blog cru 2009 recommence !

Oyez oyez braves gens !!

Fêtons tous ensemble le retour de ce blog, resté sans plume depuis bien trop longtemps !! (presque 2 ans !)
Je compte sur votre participation et votre soutien, le démarrage va surement demander un peu de chauffe... Mais j’ai une nouvelle bannière (Merci Véro, toujours aussi douée !), ça m'aide ! Allez on démarre !


Pourquoi ce retour me demanderez-vous ?

Pour plusieurs raisons, la principale étant que, ayant rejoint le groupe très en vogue des demandeurs d’emploi, mon agenda ressemble au planning d’une maison de retraite : fitness, atelier Internet, goûter, lecture approfondie du Boulogne Billancourt Information, visites culturelles, réunions d’anciens combattants, etc.
Je suis l’ambassadeur de la crise version 2.0, celle où on se fait quand même un peu chier. Du coup, j’ai le temps d’écrire !

La deuxième raison de ce retour, c’est aussi que, ayant rejoint le groupe très en vogue des demandeurs d’emploi (running gag non-dissimulé), je n’ai plus de hiérarchie ou de collègues de travail qui pourraient malencontreusement tomber sur ce blog et découvrir le fond de ma pensée. Du coup je suis encore plus libre !

Et les recruteurs qui passent ici me direz-vous ? Et bien si vous croyez encore que les recruteurs ont le temps, l’envie et le reflexe d’aller faire une recherche Google sur vous, lire vos blogs, et parcourir votre Facebook, c’est que vous vivez sur un nuage.
Et si par miracle il y en a un qui me lit ici, qu'il en profite pour se détendre !

Voilà pour l’intro, maintenant allons à l’essentiel...

C’est quoi déjà en ce moment ... ? Hum....

Ah oui, ma recherche d’emploi ! Bien sur, bien sur... Les 6 mails que j’envoie dans la journée, c’est cela oui...

Mais au fond, le plus palpitant dans une recherche d’emploi, c’est quoi ??

Eh bien c’est ce moment grisant où on doit faire face à la réalité, revenir aux sources, toucher du doigt la beauté de la simplicité de l’esprit. C’est le jour où on découvre le monde réel qui nous entoure, ce que la nature a fabriqué de plus beau et ce que l’homme a fabriqué de plus complexe.... Vous l’aurez reconnu, c’est le moment où on va s’inscrire au Pôle Emploi !

Jour des inscriptions.

Là je suis d’abord reçu par la responsable Assedic, celle qui gère la paperasse (alors que la responsable ANPE, rien à voir hein, attention !).

Elle ressemble à Danièle Evenou sous Prozac après une grève de la faim.

Elle procède à mon inscription, elle est aimable et attentionnée, mais surtout : elle compatit. Et elle le montre.
- «Ah, vous êtes dans le jeu vidéo.... me dit-elle en lisant mon cv avec marqué en gros CHEF DE PROJET DE JEU VIDEO.
- Non, non, je suis tourneur-fraiseur chez Bouygues bien sûr.
- Oh, vu votre experience vous devriez trouver rapidement.... même si ...(regard penaud) c’est pas évident.
- Oui, c’est aussi ce que je me disais au début... Mais comme ca ne prend pas, j’essaye aussi de lancer une activité, je me suis mis en auto-entrepreneur.
- Ah, oh, c’est très bien ça. Vous allez surement y arriver même si...(encore le regard penaud) C’est pas évident.

... (blanc)

Elle reprend :
- «Ah je vois que vous aurez une grosse période de carence étant donné que vous aviez de nombreuses congés sur votre solde de tout compte.
- Je sais.
- De toute façon, vous serez quand même bien indemnisé...même si ....(putain le regard penaud, vite à l’abri !) c’est pas évident...

C’est pas évident, c’est pas évident... Bordel, cette nana on aurait dit l’incarnation de la pub Juvamine, celle qui passe 5 fois en boucle ! Sauf qu’au lieu de filer la pêche, elle aurait fait déprimer Patrick Sébastien sous cocaïne !

Je me rends ensuite dans la foulée vers mon interlocutrice ANPE, celle qui guidera ma recherche, celle qui va m’accompagner dans mon parcours, bref, celle qui sera mon Gilbert Bourdin. Elle est accompagnée d’une disciple en formation.

- «Ma collègue assistera à notre entretien si vous n’y voyez pas d’inconvénient ?
- Euh vu la tronche d’Aspro qu’elle se coltine, c’est obligatoire ?»

Paperasse d’usage, parcours universitaire, et professionnel, tout est résumé. L’Aspro n’ouvre pas la bouche une seconde, elle observe attentivement, elle apprend cette difficile et complexe démarche qui consiste à recopier sur un ordinateur les informations que votre interlocuteur vous soumet.
- Vous travaillez dans le jeu vidéo ??!!
- .... Tourneur fraiseur, Bouygues, tout ça tout ça...Crotte ! Oui je suis dans le jeu, voilà c’est dit !
- Ah bon ??! Il y en a à Paris ?
- Euh ben oui, la preuve...
- On en entend pas parler, c’est curieux...

Bon en même temps elle est pas abonné à Joystick Magazine, on ne peut pas lui en vouloir.

- Et vous êtes mobile ?
- Oui oui, tout à fait, je passe des entretiens pour des emplois à l’étranger, au Canada par exemple, en Inde aussi ca m’est arrivé.
L’Aspro ne respire plus, Gilbert, elle, est médusée :
- Ah parce qu’il y en a AUSSI à l’étranger ???!!!

Ne jamais briser les rêves des idéalistes.

Gilbert Bourdine continue :
- «Ah !! Vous êtes allé au Canada pendant vos études ?
- Euh oui, pour un Master...
L’Aspro intervient et sussure :
- Erasmus...
- Euh non, Erasmus c’est pour l’Europe uniquement.
- Ah oui....

Dommage, fallait regarder «l’Auberge espagnole» plus attentivement ma cocotte.

Je fais mon paragraphe habituel :
- «Je me suis aussi déclaré en auto entrepreneur car j’essaye de lancer une activité parallèlement à ma recherche....hum, là je travaille sur mon business plan....
Gilbert Bourdine, l’air étonnée :
- Ah bon ?? On ne vous en a pas demandé un pour vous déclarer ?
- Euh non, ca se fait en 5 clics sur Internet et ca ne coûte rien...
- Ah bon ?? Incroyable, on n’est pas du tout informé sur ce statut, c’est fou...

Ah bon, Ah bon... Cette nana s’étonne de tout, mais je crois qu’elle ne vit pas sur la même planète que nous. On a eu un barouf médiatique pas possible sur ce truc, on a tous les jours des stats disant que le moindre pékin s’est mis auto entrepreneur, mais à part ça on n’est pas du tout informé sur ce statut.
Bref...

Une semaine plus tard, je reçois une lettre.

Objet : Atelier
Monsieur
Veuillez vous présenter ce jeudi à 9h pétantes au Pole Emploi d’Issy les Moulineaux où vous êtes désormais inscrit.

Cordialement,
Signé : Votre Gentil Organisateur du Pole Emploi.


Ne sachant pas de quoi il s’agit, et trouvant ça scandaleux, je fais mon rebelle et décide d’y aller sans amener mon C.V. De toute façon, ils l’ont déjà et ne savent pas en lire la moitié.

A 9h je suis au Pôle Emploi, qui ouvrira à 9h10. Surement le décalage horaire.

Je suis réuni dans une salle avec 9 autres personnes et une animatrice, croisement de Balasko et de Guy Carlier. Oui oui, vous avez bien lu.
Il faut donc l’imaginer brasser sa paperasse et se plaindre.

- «Rohlalaaaa je suis désolée pour le retard, mais on m’a parachuté à l’improviste sur cette réunion, du coup je n’ai pas eu le temps d’étudier vos dossiers !»
Tout de suite, on sent l’âme d’une vraie pro de la com.

Nous procédons au classique et inutile tour de table, où tout le monde se présente. «Ca peut aider pour le réseau» nous dira Josianne-Guy. Enfin 10 chômeurs, ca reste un réseau de chômeurs, mais bon, soyons open-mind...
«Bonjour, je suis Thomas, j’ai 27 ans, je sors de 3 ans d’experience en tant que Chef de projet de jeu vidéo.»

Et là, les blagues habituelles de tous les beaufs autour de la table, voici le best of :
- Génial tu passes ta journée à jouer !
- Eh je suis bloqué sur le dernier Zelda, je peux t’appeller pour que tu me files un coup de main ?
- Tu peux m'avoir des jeux gratuits pour mes gosses ?!! Ahahahahahah (rire gras) !!!

L’ambiance est posée, on est donc visiblement sur un humour fin et mesuré, tout est dans le contraste et l’originalité.

Puis, l’objet de l’Atelier arrive enfin :
«Aujourd’hui on va voir ensemble le planning des prochains ateliers»

... (Blanc dans l’assistance)

Un atelier de présentation des ateliers... Hmm... La notion d’efficacité atteint son paroxysme.

«La prochaine réunion s’intitule Objectiver Son Plan D’Action...Hum, en gros, ciblez votre recherche. Ensuite, on aura la réunion CV puis la réunion Lettres de motiv.»

Elle procède à un tour de table pour s’assurer que tout le monde est ok pour les réunions. A ma grande surprise, ils le sont tous.

- «José, vous venez donc ? Ok parfait je vous note... Roger ? Ok super vous aussi ! Marie ? Très bien je compte sur vous ! Thomas ?
- Euh moi personnellement je n’en ressens pas le besoin...»

Silence général, murmures dans l’assistance, «Oooohhhhh» et «Hannnn» d’étonnements.
- «Han, c’est bien, il s’affirme» Rebondit Roger. T’es trop fort Roger.

Josianne me regarde avec des yeux mortifiés.
- Vous ne voulez PAS venir ?

- Hum, si vous me posez ça sous forme de choix, la réponse est non, ma recherche est déjà ciblée, et j’ai un CV et des lettres de motivation à jour. Mais si c’est obligatoire, je viens.

Josianne transpire, elle est destabilisée visiblement.
- Euh... non, non ce n’est pas obligatoire... mais alors ...voyons...ca signifie que... je ne vois revois pas avant 4 mois alors !
Moi, l’air déçu et surpris :
- Ah ? Ah bon ? (Je suis au top de l’Actor’s Studio là)
- Oui. Et je vous libère tout de suite alors.

Je n’y croyais pas, Lourdes est à deux pas du Pole Emploi d’Issy, c’est pas possible autrement. Ni une ni deux, je me barre. A moi la liberté, les indemnités, au revoir ambiance pourrie du Pole Emploi, qui de toute façon ne m’apporte rien. 

Bon par contre, j’ai 4 mois pour dégotter un truc, sinon je ne vais pas échapper deux fois à leur processus de crétin.

Le compte à rebours est enclenché, souhaitez-moi bonne chance !


mardi 16 octobre 2007

Le retour du jedi

Enfin des nouvelles neuves au pays du Hot Dog Choucroute !
Je vous vois déjà vous inquiéter, il faut dire qu’après mon dernier post j’ai reçu tellement de messages d’encouragement que j’avais l’impression de survivre à une tentative de suicide du haut de Twin Peaks.

Non, ne vous inquiétez pas, tout va très bien. Tout est toujours compliqué, "mais la vie n’est pas simple" comme disait Charles Ingalls.
Comme à chaque fois je vais donc vous raconter la vérité, toute la vérité, levez la main droite et dites "je le jure". Ayé, je suis sous serment.

Tout avait commencé par quelques escapades avec Gilles (pote de boulot en France), et notamment un match de Football américain au Monster Park pour voir les célèbres 49
ers. Le match était très moyen, mais au moins, nous avons pu voir 70 000 américains, du gros beauf qui ingurgite du hot dog à foison, jusqu’à la cheerleader dont la façade ressemble à une cathédrale en réfection. Mais quel que soit l’évènement, on ne peut leur enlever une chose : leur sens du spectacle. Pour un équivalent de PSG-Sedan, les américains vous sortent l’hymne, un feu d’artifice, et des hélicos de l’armée qui rase-mottent le stade.
La classe, y’a pas à dire.
Photos ici.









Puis, il y a 2 semaines, ma grosse salope (pardon ca m’échappé) de femme de ménage a volé mes produits de beauté. "Objection !!", me répond son manager, "Maitre Thomas n’a aucune preuve que la grosse mexicaine soit l'auteur du délit, je proteste énergiquement et demande un renvoi en cour d’appel".
Elle n’a pas pris mon fer à friser ni mes menottes, mais mon Gillette Mach3 et mon parfum avaient disparu. Et dans le lot, un objet précieux lorsqu’on est à l’étranger avait aussi quitté les lieux : mon passeport.

Aïe, c’est grave Docteur ?
Un tour sur le site du ministère des affaires étrangères, hop je choppe l’adresse du consulat à SF, la liste des pièces à fournir et me voilà parti lundi matin pour régulariser le sans-papier que je suis.

Un détour par la police, où je me fais accueillir comme Patrick Swayze dans un club de quarantenaires célibataires (mais moches), et j’ai un rapport officialisant la disparition du précieux.
Direction le consulat. Ambiance confinée, tout le monde parle français, il y a un Le Point dans la salle d’attente et Thierry Beccarro à la télé. On se sent presque chez soi. Mo-Mo-Motus. Merde j’ai pécho la boule noire !

Je suis ensuite accueilli par une très très charmante française, à qui j’explique mon cas. Nous allons donc faire un laissez-passer qui me permettra de rentrer sans problèmes en France. Paperasse, regards en coin, documents,"Vous êtes là depuis longtemps ?", signatures, "Haha je vous ai parlé de ma femme de ménage ?" sourire Colgate, et échange de cartes de visite.
"Appelez-moi régulièrement pour savoir quand votre laissez-passer sera disponible" qu’elle me dit.
Ah ben ça, c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !
1h plus tard, je lui envoie un mail, et le soir-même, nous avons rendez vous pour boire un verre.
Et oui, après toutes ces techniques de drague foireuse, ENFIN un signe positif ! Encore un peu et Jean Claude Dusse devenait mon dieu vivant…

Mon handicap "je repars avant la fin du mois" ne m’aidait guère, mais soit, après moult discussions et mises au point, nous décidâmes d’un commun accord de passer du temps ensemble et plus si affinités, et au passage, autant rattraper mes lacunes sur la connaissance de la ville avec un guide officiel du consulat !
Surtout qu'en plus de la trouver canon et sympa, elle a un humour pipi-caca comme moi, et connait parfaitement "
Les Bronzés". Irrésistible donc.


C’est parti pour un week end de folaïe : Twin Peaks, Coït Tower by night, le Fisherman’s Wharf (port), une escapade dans une boite de nuit du quartier gay (attention, si vous êtes hétéro il est déconseillé d’aller pisser en souriant niaisement à tout le monde), quelques verres dans des endroits branchouilles et classe, au dernier étage des tours qui parsèment la ville, des viewpoints au Nord de la baie après des routes sinueuses, des allées interminables dans les quartiers huppés, des restaurants français où les américains viennent se la jouer hype, etc…

Je redécouvre San Francisco, ville électrique et suractive, et surtout ville anti-tabou. Sexe, drogue, alcool, argent, exhibition, on ne vient pas ici pour construire une vie, on vient pour se détruire et recommencer, façon Springbreak permanent.

Il me reste 5 jours mais tout va très vite. Je laisse mon appareil photo, je préfère profiter à mort et garder cela pour moi, dans un coin de ma tête. Je garde les yeux grands ouverts pour ne rien rater, je regrette presque de ne pas avoir perdu mon passeport avant ! Ma femme de ménage, cette bienfaitrice cachée ?

Il fallait que cela arrive quelques jours avant mon retour définitif, c’est peut-être un signe ?
Je ne regrette pas ma décision de revenir en France, et je me dis que ces derniers jours sont comme une incitation à ne pas baisser les bras devant une prochaine proposition à l’étranger. Une sorte de boost pour le retour, pour continuer à défoncer du boulot, et pour pouvoir se recréer ces opportunités (moins foireuses quand même la prochaine fois, ce serait sympa).

Attention, les français, je reviens et j’ai la patate ! On m’a blindé de projets coté boulot, et c’est bienvenu car je sais déjà qu’il y aura de nombreux moments où je repenserais au Golden Gate, à Santa Monica, aux week end avec Davy, avec Julien, avec Gilles, avec Steve, et avec cette belle découverte du consulat.

Allez je vous laisse avant de vous retrouver de visu dès la semaine prochaine, avec grand plaisir !

Merci pour votre soutien au long de ces 3 mois, l’aventure se termine ici…
Mais le blog alors ? On le continue ou on le ferme ?


vendredi 28 septembre 2007

Lost in translation

A mes collègues de travail de Meudon qui lisent ce blog : merci de rester extrêmement discret sur tout ce que je dis ici. Je compte sur vous, merci.

Je sais, je sais, je n’ai pas été très bavard sur le blog ces temps-ci…

Primo je n’ai pas trop voyagé, je suis surtout resté à S.F., mais n’exagérons rien, c’est pas Charleville-Mézières non plus…
Deuzio j’ai réalisé que le taf ne me convenait pas. Aïe.

Et il ne s’agit pas d’un coup de blues à la noix, genre je-suis-en-manque-de-camembert-je-veux-rentrer-à-la-maison.
Non, car justement, si j’avais un coup de blues je me dirais “Allez, le taf va bien, tu vois ce que ca t’apporte. Le camembert viendra avec le temps “.

Or là c’est l’inverse. J’ai pas une franche envie de camembert mais le boulot ne m’apporte rien. Je ne me sens pas challengé, j’ai pas de pression, pas de soutien, et ca m’emmerde. Et pour moult raisons, cela ne va pas changer avant très longtemps.

Mes centaines de conquêtes (Hein ? Ah oui, enfin les 2 du fond quoi !) m’ont souvent reproché que, sous pression du boulot, j’étais insupportable.
Un croisement entre Frank Dubosc un Cocker sous amphets, d’après ce que j’ai compris.
C’est peut-être vrai mais j’en ai besoin moi de la pression !
Si j’ai pas de pression, je trouve pas d’intérêt dans mon boulot. Et donc je m’emmerde.

Bref, ca me coûte de le dire mais c’est la vérité : l’environnement et la mission ici ne me conviennent pas.
Rien ne va plus, faites vos jeux.

Et c’est reparti avec Toto qui cogite comme un gamin de 5 ans devant une confiserie.
Et qu’est ce que je veux ? Et où je vais ? Dois-je rentrer ? Dois-je rester ? Et si je rentre je vis où ? Avec qui ? Et, et, et l’homme il a marché sur la lune ? Et, et, et Chewbacca il existe pour de vrai ?"
Après 6 mois de suspens post-départ, et 2 mois de préparation intense, v’la-t-y-pas que je suis à nouveau dans un mois de réflexion pour surement revenir et tâter du Vélib’ à Paris.
Ce genre de situation vous amène à rêver d’un pavillon en banlieue, d’un Scénic avec 3 gamins, et d’un labrador ; c’est surprenant.


J’ai donc prévenu les hautes instances de ma boite pour leur faire part de la situation - “Cling cling !! Icebeeerg droit devant !! Cling cling "
La demande de visa n’étant pas lancé, il est encore temps de manœuvrer - “Bâbord toutes et machines arrières !!"

Ils ont pris note de la situation ce lundi - “Faites venir le commandant. Tout le monde met son gilet de sauvetage." - et devaient revenir avec des solutions cette semaine.
Et ce fut aujourd’hui, tel Leonardo Di Caprio, que mon boss m’a reservé une place sur l’un des canots de sauvetage.


Aujourd’ hui donc, la journée avait déjà mal commencé. J’arrive vers l’ascenseur, dans lequel je vois un gentil technicien de surface qui me retient la porte.
La quarantaine bien bedonnante, un teint halé, et le type portoricain mais plus porto que ricain.
Et c’est parti pour du small talk. Ils adorent ca ici.
Parler de tout et de rien avec un inconnu, tout en sachant que ca ne va durer que 2 minutes maximum.
Avec son accent sud américain, il me lance :
- “What a beautiful day, today huh?

Original hein? Je supporte ces conneries sociales depuis le début.
J’avais envie de lui avouer que ca fait 2 mois qu’il fait ce temps et que par conséquent, sa reflexion est aussi subtile qu’une interview de Britney Spears sur ABC.

Mais non. Je réponds gentiment.
-“oh yeah… Is it alwaïze like diss ? I am niou in ze Bay aria.
Et ce connard de rétorquer.
-“ah ah. French, right ?

L’enfoiré.
J’ai sorti une phrase et il a grillé que j’étais pas un natif de la région.
A croire qu’il y a marqué "magret de canard" sur ma tronche.

Je me suis retenu de lui dire :
- “Yeah, right. And you? Guatemala?

Bref, passé cet épisode annonçant une journée sous le signe de l’emmerdement maximal, je reçois un coup de fil de mon Léo.
Je cours m’enfermer dans la cale.
Ah, il y a aussi le commandant de bord au bout du fil. Voyons un peu la route du Rhum qu’ils me proposent…

Plusieurs itinéraires sont possibles, en fonction de la taille de l'iceberg et de la réactivité du paquebot.

Faire demi tour et revenir au port d'origine.
Ou  
essayer de bâtir un autre paquebot à proximité du Titanic.
Ou aller droit vers l'iceberg et prier pour que seuls 4 compartiments soient touchés. Au delà, le bateau va sombrer...
 

Nous devons en rediscuter plus longuement lundi, pour essayer de trouver la solution la plus intéressante pour tout le monde. Mais l'iceberg paraît déjà trop gros pour tenter de rester à bord.

Une chose est sûre pour moi : je ne resterais pas avec ma robe et mes bijoux sur ce rafiot !

J'ai déjà un billet de retour pour le 21, il est possible qu'il soit avancé en fonction des intempéries.

Une fois de plus, on enclenche la navigation à vue, et la décision finale ne se fera pas avant une dizaine de jours...

Suspens suspens ! Le Titanic va-t-il sombrer ? Rose et Jack vont-ils réussir à trouver leur bonheur ?
L'orchestre continuera-t-il à jouer du mambo ?

And my heart will goooo oooonnnn....

lundi 10 septembre 2007

2 hétéros à San Francisco

Vendredi soir, Davy atterrit à l’aéroport de SF, vol en provenance de Los Angeles par Alaska Airlines. Oui, certains noms de compagnie font froid dans le dos (calembour !)

Nous partons manger au Luna Park, endroit hype dégotté sur le net. Excellente bouffe et très bonne ambiance, une adresse à conserver pour les futurs visiteurs.

Samedi matin, après une furieuse grasse mat dont nous avions bien besoin, nous retournons à SF pour une journée prévue sous le signe du tourisme.

A commencer par un petit périple dans Chinatown, où les écritures, la langue, la bouffe et les magasins sont déconnectés de San Francisco. Tout est écrit en chinois, les grocery store vendent des piments et des fruits que vous aurez du mal à trouver ailleurs, et …. vous êtes le seul à faire 1m85. Petite pensée pour la sœur à Tokyo qui doit baigner dans cette sensation toute la journée !

On enchaine avec le quartier Italien, moins typique mais les restos sont sympas et très animés. On sent surtout que la communauté présente est soudée et structurée, ce qui n’est pas le cas de la communauté française.

On termine ensuite par un gros détour à Union Square, royaume du shopping. Il faut savoir que je suis en plein relooking du Davy depuis quelques semaines : je reporte – en partie - mes pulsions d’achats sur lui, ça soulage mon banquier, et Davy devient plus que présentable.

On avait commencé soft chez Calvin Klein à LA, puis on avait enchainé chez Guess, et Diesel, c’est vous dire la montée en gamme. Sa Visa a sacrément chauffé et moi je joue les conseillères.

Ce samedi, toujours dans mon escalation de marques, je l’emmène chez Armani (oui je sais, j’ai des goûts incroyables, que voulez-vous). Première surprise : en vitrine, des mannequins vivants en caleçon !! 10 mecs en vitrines, juste vêtus de caleçon ou slip, et qui restent posés devant tous les passants et surtout passantes. 2 autres à moitié à poil vous accueillent à l’entrée.

Chez Armani, je dégotte un blouson en cuir sur lequel Davy flashe littéralement. Le vendeur arrive, l’américain-avenant typique.
Déjà, à la base dans les magasins ils sont très sympas, mais là… il y avait… comment dire, quelque chose en plus.
- "Hey! You like this jacket?
- Oh yes, ite ise bioutifoule
-
Yeah yeah ! Hey my name is Mike, where do you guys come from?
(il me serre la main)
- I am Tom, I live close tou ze city , maï friende is justeu coming from LA but wi hare both from France.
- Oh French guys, cool ! Is it your boyfriend ?




Putain je savais qu’elle allait finir par nous tomber dessus celle-là.
Nous nous voyons tous les week end depuis 1 mois, on fait du shopping ensemble, on dine ensemble et il dort chez moi.

Ca n’a rien à voir avec un boyfriend.

Donc Mike, t’es gentil mais tu vas te détendre je te le dis tout de suite.
- "No he’s not. We’re just…friends, you know !
- Haha yeah I see! Ok hold on Thomas, I’ll be right back”


"I see I see", il veut dire quoi par là bordel ?
Davy se décide et embarque son blouson de cuir à 450$, et moi je vais essayer quelques jeans. Rien ne va, Mike vient à la rescousse en cabine.
- “Ok guys, I don’t have 34-32
anymore. Hey after that, we do what we want together ok?” fit-il en enchainant un clin d’oeil.

Davy se tourne vers moi, blanchâtre.
Moi, je fixe mes pompes, mon visage vire au rouge Golden Gate.
Bordel, ce mec nous a proposé une partouze. On voulait juste des fringues, on repars avec un corps entier.

Nous sortons rapidement de ce traquenard, puis nous dégottons des places de théâtre pour le soir. Rien de tel que d’aller voir une pièce le samedi soir avec son boyf.. Hum, son pote.

Une salle minuscule, 15 personnes dans l’assemblée et un enchainement de stand-up au programme.
On se demande un peu ce qu’on fout là, mais l’accueil est très chaleureux. L’animatrice monte sur scène, et procède gentiment à une présentation des 15 personnes pour détendre l’atmosphère.

Il y a donc des anglais, des américains du Nevada (mais pas de Las Vegas, alors on appelle ça des péquenots), des gens de SF et « Oooh you guys are from France !! Oh bionjiour commient ço vo ? »
-Oh you speak french ! Ca va très bien et vous ?
Yeah a bit of french! I’m very good, that’s fannntaaaastic we’ve got french people tonight !! Are you ... hmm… together?
(sourire en coin)

Bordel.
2 fois dans la même journée. Mais puisqu’on vous dit que non, on est pas together. Pas au sens où vous l’entendez !!

Finalement le spectacle commence, les intervenants s’enchainent, et on est vite pris dedans.
C’est très drôle, c’est chaleureux, et l’ambiance est excellente. Les thèmes de prédilection : les futures élections (Bush n’est vraiment pas aimé ici, tout le monde est en faveur d’Hilary Clinton), les gays, et le sexe.

Il y a des allusions au charme français soit disant redoutable pour les américaines (mais jusqu’ici nous n’en sommes pas la preuve vivante), et des reflexions sur les élections présidentielles en France, preuve que nous sommes dans une grande ville « ouverte » avec des gens plutôt bien informés.

La soirée se termine après un resto et un bar, et nous rentrons à San Mateo…comme deux pédés oui.

Dimanche, direction Sausalito au nord de San Francisco après avoir passé le Golden Gate. Sausalito, ville-marina un peu bobo, avec pas mal de maisons flottantes. Sympa et mignon mais pas de quoi flâner une semaine, parfait pour un dimanche après midi donc.

Je dépose Davy à l’aéroport, il repart en France vendredi prochain.
Nous nous revoyons peut-être dans 2 mois pour quelques nouvelles escapades, avec parmi les idées qui trottent : Grand Canyon, Mexique, et Vancouvert.

Il faudra choisir, c’est fatiguant d'être riche comme ça…

samedi 8 septembre 2007

Le questionnaire "Femme Actuelle" de l'immigration américaine

Quelques bonnes nouvelles après la semaine la plus hard niveau boulot.

Judy, la successeur de Janet (rappelez-vous : la truie des RH de Los Angeles qui est partie comme une bitch) a fait un super boulot.
Enfin, son boulot normal, mais en version rapide et cordiale, ca s’apprécie.

Je dois maintenant fournir tout un tas de papiers plus ou moins utiles et surtout remplir le questionnaire d’immigration.

Ce fameux questionnaire, identique à celui que vous aurez lors du vol 84 (pour les chanceux qui viendront me voir), comprend quelques perles que je me permets de vous citer ici. Si vous répondez oui à l’une des questions, vous devez expliquer et détailler sur un feuillet séparé. Ce qui ne signifie pas « prouver », ils sont comme ca les américains : basiques.


 Been arrested, convicted or imprisoned anywhere in the world? Y/N


Been a prostitute or promoted prostitution? Y/N
Ah merde… Pas évident. Il manque un « souvent ».


Engaged in any unlawful commercialized vice? (e.g. illegal gambling) Y/N
Et là je me rappelle Las Vegas, les putes, les jeux d’argents, la drogue…


Been involved in, or tried to enter the U.S. to, engage in espionage, export control violations, or subversive/terrorist activities? Y/N
J’imagine James Bond qui coche « oui ».
Arrivée à l’aéroport « Oh, bienvenue Mr Bond, excusez nous, nous ne vous avions pas reconnu ! On a cru à un vrai terroriste. Mis Moneypenny vous attend dans les toilettes».


Participated in genocide or persecutions directed by the German Nazi government? Y/N
Aaah alors, là, ça c’est du lourd, du vrai, de la bonne grosse question bien glauque.
Et vous alors Buffalo Bill, il va bien ? Pas trop de remords ?


Been a member/affiliate of a terrorist organization or any Communist or totalitarian party? Y/N
Au moins ils ont cette chance de pouvoir refuser légitimement Besancenot à l’entrée de leur pays. Rien que pour ca, j’aime bien les US.


Had a significant contagious disease (e.g., AIDS, HIV, syphilis, tuberculosis etc.) or a dangerous physical/mental disorder, or ever been a drug abuser or addict? Y/N
Je fais un peu d’aérophagie, ca compte ?


Practiced polygamy (or plan to practice polygamy) in the U.S.? Y/N
Ah ben ça tombe bien que vous en parliez justement parce que j’ai du mal à conclure ici. Un mois de galère !!
Et je plan to practice polygamy à mort, désolé mais c’est comme ca et pas autrement. Je fais pas 15000 bornes en avion pour me la mettre sous l’oreiller !!


Do you have any specialized skills or training such as firearms, explosives, nuclear, biological or chemical experience? Y/N

J’avais déjà du mal à découper une feuille de chêne dans mes cours de bios alors les firearms et les chemical experiences, c’est pas pour tout de suite…


Have you ever been in armed conflict as a participant or victim? Y/N
Armed conflict, armed conflict... Attendez… Sur du jeu online, on doit le dire ou pas ?


Voilà, la bonne nouvelle c’est qu’apparemment on est dans les temps, il faut 30 jours pour obtenir le visa, et non pas 60. Faut pas trainer mais on dirait que la merde s’éloigne.

Et la gentille Judy a répondu à mes questions sur le social, les prets, et le permis. Bref, manquerait plus qu’elle soit canon et c’est la femme parfaite.
Je vais demander à Davy si elle est bien tiens, vu qu’il est au bureau de L.A…

Bon week end à tous ! Rendez-vous lundi pour un recap du week end à SF avec l'ami Davy :)