mardi 16 octobre 2007

Le retour du jedi

Enfin des nouvelles neuves au pays du Hot Dog Choucroute !
Je vous vois déjà vous inquiéter, il faut dire qu’après mon dernier post j’ai reçu tellement de messages d’encouragement que j’avais l’impression de survivre à une tentative de suicide du haut de Twin Peaks.

Non, ne vous inquiétez pas, tout va très bien. Tout est toujours compliqué, "mais la vie n’est pas simple" comme disait Charles Ingalls.
Comme à chaque fois je vais donc vous raconter la vérité, toute la vérité, levez la main droite et dites "je le jure". Ayé, je suis sous serment.

Tout avait commencé par quelques escapades avec Gilles (pote de boulot en France), et notamment un match de Football américain au Monster Park pour voir les célèbres 49
ers. Le match était très moyen, mais au moins, nous avons pu voir 70 000 américains, du gros beauf qui ingurgite du hot dog à foison, jusqu’à la cheerleader dont la façade ressemble à une cathédrale en réfection. Mais quel que soit l’évènement, on ne peut leur enlever une chose : leur sens du spectacle. Pour un équivalent de PSG-Sedan, les américains vous sortent l’hymne, un feu d’artifice, et des hélicos de l’armée qui rase-mottent le stade.
La classe, y’a pas à dire.
Photos ici.









Puis, il y a 2 semaines, ma grosse salope (pardon ca m’échappé) de femme de ménage a volé mes produits de beauté. "Objection !!", me répond son manager, "Maitre Thomas n’a aucune preuve que la grosse mexicaine soit l'auteur du délit, je proteste énergiquement et demande un renvoi en cour d’appel".
Elle n’a pas pris mon fer à friser ni mes menottes, mais mon Gillette Mach3 et mon parfum avaient disparu. Et dans le lot, un objet précieux lorsqu’on est à l’étranger avait aussi quitté les lieux : mon passeport.

Aïe, c’est grave Docteur ?
Un tour sur le site du ministère des affaires étrangères, hop je choppe l’adresse du consulat à SF, la liste des pièces à fournir et me voilà parti lundi matin pour régulariser le sans-papier que je suis.

Un détour par la police, où je me fais accueillir comme Patrick Swayze dans un club de quarantenaires célibataires (mais moches), et j’ai un rapport officialisant la disparition du précieux.
Direction le consulat. Ambiance confinée, tout le monde parle français, il y a un Le Point dans la salle d’attente et Thierry Beccarro à la télé. On se sent presque chez soi. Mo-Mo-Motus. Merde j’ai pécho la boule noire !

Je suis ensuite accueilli par une très très charmante française, à qui j’explique mon cas. Nous allons donc faire un laissez-passer qui me permettra de rentrer sans problèmes en France. Paperasse, regards en coin, documents,"Vous êtes là depuis longtemps ?", signatures, "Haha je vous ai parlé de ma femme de ménage ?" sourire Colgate, et échange de cartes de visite.
"Appelez-moi régulièrement pour savoir quand votre laissez-passer sera disponible" qu’elle me dit.
Ah ben ça, c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !
1h plus tard, je lui envoie un mail, et le soir-même, nous avons rendez vous pour boire un verre.
Et oui, après toutes ces techniques de drague foireuse, ENFIN un signe positif ! Encore un peu et Jean Claude Dusse devenait mon dieu vivant…

Mon handicap "je repars avant la fin du mois" ne m’aidait guère, mais soit, après moult discussions et mises au point, nous décidâmes d’un commun accord de passer du temps ensemble et plus si affinités, et au passage, autant rattraper mes lacunes sur la connaissance de la ville avec un guide officiel du consulat !
Surtout qu'en plus de la trouver canon et sympa, elle a un humour pipi-caca comme moi, et connait parfaitement "
Les Bronzés". Irrésistible donc.


C’est parti pour un week end de folaïe : Twin Peaks, Coït Tower by night, le Fisherman’s Wharf (port), une escapade dans une boite de nuit du quartier gay (attention, si vous êtes hétéro il est déconseillé d’aller pisser en souriant niaisement à tout le monde), quelques verres dans des endroits branchouilles et classe, au dernier étage des tours qui parsèment la ville, des viewpoints au Nord de la baie après des routes sinueuses, des allées interminables dans les quartiers huppés, des restaurants français où les américains viennent se la jouer hype, etc…

Je redécouvre San Francisco, ville électrique et suractive, et surtout ville anti-tabou. Sexe, drogue, alcool, argent, exhibition, on ne vient pas ici pour construire une vie, on vient pour se détruire et recommencer, façon Springbreak permanent.

Il me reste 5 jours mais tout va très vite. Je laisse mon appareil photo, je préfère profiter à mort et garder cela pour moi, dans un coin de ma tête. Je garde les yeux grands ouverts pour ne rien rater, je regrette presque de ne pas avoir perdu mon passeport avant ! Ma femme de ménage, cette bienfaitrice cachée ?

Il fallait que cela arrive quelques jours avant mon retour définitif, c’est peut-être un signe ?
Je ne regrette pas ma décision de revenir en France, et je me dis que ces derniers jours sont comme une incitation à ne pas baisser les bras devant une prochaine proposition à l’étranger. Une sorte de boost pour le retour, pour continuer à défoncer du boulot, et pour pouvoir se recréer ces opportunités (moins foireuses quand même la prochaine fois, ce serait sympa).

Attention, les français, je reviens et j’ai la patate ! On m’a blindé de projets coté boulot, et c’est bienvenu car je sais déjà qu’il y aura de nombreux moments où je repenserais au Golden Gate, à Santa Monica, aux week end avec Davy, avec Julien, avec Gilles, avec Steve, et avec cette belle découverte du consulat.

Allez je vous laisse avant de vous retrouver de visu dès la semaine prochaine, avec grand plaisir !

Merci pour votre soutien au long de ces 3 mois, l’aventure se termine ici…
Mais le blog alors ? On le continue ou on le ferme ?