mardi 16 octobre 2007

Le retour du jedi

Enfin des nouvelles neuves au pays du Hot Dog Choucroute !
Je vous vois déjà vous inquiéter, il faut dire qu’après mon dernier post j’ai reçu tellement de messages d’encouragement que j’avais l’impression de survivre à une tentative de suicide du haut de Twin Peaks.

Non, ne vous inquiétez pas, tout va très bien. Tout est toujours compliqué, "mais la vie n’est pas simple" comme disait Charles Ingalls.
Comme à chaque fois je vais donc vous raconter la vérité, toute la vérité, levez la main droite et dites "je le jure". Ayé, je suis sous serment.

Tout avait commencé par quelques escapades avec Gilles (pote de boulot en France), et notamment un match de Football américain au Monster Park pour voir les célèbres 49
ers. Le match était très moyen, mais au moins, nous avons pu voir 70 000 américains, du gros beauf qui ingurgite du hot dog à foison, jusqu’à la cheerleader dont la façade ressemble à une cathédrale en réfection. Mais quel que soit l’évènement, on ne peut leur enlever une chose : leur sens du spectacle. Pour un équivalent de PSG-Sedan, les américains vous sortent l’hymne, un feu d’artifice, et des hélicos de l’armée qui rase-mottent le stade.
La classe, y’a pas à dire.
Photos ici.









Puis, il y a 2 semaines, ma grosse salope (pardon ca m’échappé) de femme de ménage a volé mes produits de beauté. "Objection !!", me répond son manager, "Maitre Thomas n’a aucune preuve que la grosse mexicaine soit l'auteur du délit, je proteste énergiquement et demande un renvoi en cour d’appel".
Elle n’a pas pris mon fer à friser ni mes menottes, mais mon Gillette Mach3 et mon parfum avaient disparu. Et dans le lot, un objet précieux lorsqu’on est à l’étranger avait aussi quitté les lieux : mon passeport.

Aïe, c’est grave Docteur ?
Un tour sur le site du ministère des affaires étrangères, hop je choppe l’adresse du consulat à SF, la liste des pièces à fournir et me voilà parti lundi matin pour régulariser le sans-papier que je suis.

Un détour par la police, où je me fais accueillir comme Patrick Swayze dans un club de quarantenaires célibataires (mais moches), et j’ai un rapport officialisant la disparition du précieux.
Direction le consulat. Ambiance confinée, tout le monde parle français, il y a un Le Point dans la salle d’attente et Thierry Beccarro à la télé. On se sent presque chez soi. Mo-Mo-Motus. Merde j’ai pécho la boule noire !

Je suis ensuite accueilli par une très très charmante française, à qui j’explique mon cas. Nous allons donc faire un laissez-passer qui me permettra de rentrer sans problèmes en France. Paperasse, regards en coin, documents,"Vous êtes là depuis longtemps ?", signatures, "Haha je vous ai parlé de ma femme de ménage ?" sourire Colgate, et échange de cartes de visite.
"Appelez-moi régulièrement pour savoir quand votre laissez-passer sera disponible" qu’elle me dit.
Ah ben ça, c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd !
1h plus tard, je lui envoie un mail, et le soir-même, nous avons rendez vous pour boire un verre.
Et oui, après toutes ces techniques de drague foireuse, ENFIN un signe positif ! Encore un peu et Jean Claude Dusse devenait mon dieu vivant…

Mon handicap "je repars avant la fin du mois" ne m’aidait guère, mais soit, après moult discussions et mises au point, nous décidâmes d’un commun accord de passer du temps ensemble et plus si affinités, et au passage, autant rattraper mes lacunes sur la connaissance de la ville avec un guide officiel du consulat !
Surtout qu'en plus de la trouver canon et sympa, elle a un humour pipi-caca comme moi, et connait parfaitement "
Les Bronzés". Irrésistible donc.


C’est parti pour un week end de folaïe : Twin Peaks, Coït Tower by night, le Fisherman’s Wharf (port), une escapade dans une boite de nuit du quartier gay (attention, si vous êtes hétéro il est déconseillé d’aller pisser en souriant niaisement à tout le monde), quelques verres dans des endroits branchouilles et classe, au dernier étage des tours qui parsèment la ville, des viewpoints au Nord de la baie après des routes sinueuses, des allées interminables dans les quartiers huppés, des restaurants français où les américains viennent se la jouer hype, etc…

Je redécouvre San Francisco, ville électrique et suractive, et surtout ville anti-tabou. Sexe, drogue, alcool, argent, exhibition, on ne vient pas ici pour construire une vie, on vient pour se détruire et recommencer, façon Springbreak permanent.

Il me reste 5 jours mais tout va très vite. Je laisse mon appareil photo, je préfère profiter à mort et garder cela pour moi, dans un coin de ma tête. Je garde les yeux grands ouverts pour ne rien rater, je regrette presque de ne pas avoir perdu mon passeport avant ! Ma femme de ménage, cette bienfaitrice cachée ?

Il fallait que cela arrive quelques jours avant mon retour définitif, c’est peut-être un signe ?
Je ne regrette pas ma décision de revenir en France, et je me dis que ces derniers jours sont comme une incitation à ne pas baisser les bras devant une prochaine proposition à l’étranger. Une sorte de boost pour le retour, pour continuer à défoncer du boulot, et pour pouvoir se recréer ces opportunités (moins foireuses quand même la prochaine fois, ce serait sympa).

Attention, les français, je reviens et j’ai la patate ! On m’a blindé de projets coté boulot, et c’est bienvenu car je sais déjà qu’il y aura de nombreux moments où je repenserais au Golden Gate, à Santa Monica, aux week end avec Davy, avec Julien, avec Gilles, avec Steve, et avec cette belle découverte du consulat.

Allez je vous laisse avant de vous retrouver de visu dès la semaine prochaine, avec grand plaisir !

Merci pour votre soutien au long de ces 3 mois, l’aventure se termine ici…
Mais le blog alors ? On le continue ou on le ferme ?


vendredi 28 septembre 2007

Lost in translation

A mes collègues de travail de Meudon qui lisent ce blog : merci de rester extrêmement discret sur tout ce que je dis ici. Je compte sur vous, merci.

Je sais, je sais, je n’ai pas été très bavard sur le blog ces temps-ci…

Primo je n’ai pas trop voyagé, je suis surtout resté à S.F., mais n’exagérons rien, c’est pas Charleville-Mézières non plus…
Deuzio j’ai réalisé que le taf ne me convenait pas. Aïe.

Et il ne s’agit pas d’un coup de blues à la noix, genre je-suis-en-manque-de-camembert-je-veux-rentrer-à-la-maison.
Non, car justement, si j’avais un coup de blues je me dirais “Allez, le taf va bien, tu vois ce que ca t’apporte. Le camembert viendra avec le temps “.

Or là c’est l’inverse. J’ai pas une franche envie de camembert mais le boulot ne m’apporte rien. Je ne me sens pas challengé, j’ai pas de pression, pas de soutien, et ca m’emmerde. Et pour moult raisons, cela ne va pas changer avant très longtemps.

Mes centaines de conquêtes (Hein ? Ah oui, enfin les 2 du fond quoi !) m’ont souvent reproché que, sous pression du boulot, j’étais insupportable.
Un croisement entre Frank Dubosc un Cocker sous amphets, d’après ce que j’ai compris.
C’est peut-être vrai mais j’en ai besoin moi de la pression !
Si j’ai pas de pression, je trouve pas d’intérêt dans mon boulot. Et donc je m’emmerde.

Bref, ca me coûte de le dire mais c’est la vérité : l’environnement et la mission ici ne me conviennent pas.
Rien ne va plus, faites vos jeux.

Et c’est reparti avec Toto qui cogite comme un gamin de 5 ans devant une confiserie.
Et qu’est ce que je veux ? Et où je vais ? Dois-je rentrer ? Dois-je rester ? Et si je rentre je vis où ? Avec qui ? Et, et, et l’homme il a marché sur la lune ? Et, et, et Chewbacca il existe pour de vrai ?"
Après 6 mois de suspens post-départ, et 2 mois de préparation intense, v’la-t-y-pas que je suis à nouveau dans un mois de réflexion pour surement revenir et tâter du Vélib’ à Paris.
Ce genre de situation vous amène à rêver d’un pavillon en banlieue, d’un Scénic avec 3 gamins, et d’un labrador ; c’est surprenant.


J’ai donc prévenu les hautes instances de ma boite pour leur faire part de la situation - “Cling cling !! Icebeeerg droit devant !! Cling cling "
La demande de visa n’étant pas lancé, il est encore temps de manœuvrer - “Bâbord toutes et machines arrières !!"

Ils ont pris note de la situation ce lundi - “Faites venir le commandant. Tout le monde met son gilet de sauvetage." - et devaient revenir avec des solutions cette semaine.
Et ce fut aujourd’hui, tel Leonardo Di Caprio, que mon boss m’a reservé une place sur l’un des canots de sauvetage.


Aujourd’ hui donc, la journée avait déjà mal commencé. J’arrive vers l’ascenseur, dans lequel je vois un gentil technicien de surface qui me retient la porte.
La quarantaine bien bedonnante, un teint halé, et le type portoricain mais plus porto que ricain.
Et c’est parti pour du small talk. Ils adorent ca ici.
Parler de tout et de rien avec un inconnu, tout en sachant que ca ne va durer que 2 minutes maximum.
Avec son accent sud américain, il me lance :
- “What a beautiful day, today huh?

Original hein? Je supporte ces conneries sociales depuis le début.
J’avais envie de lui avouer que ca fait 2 mois qu’il fait ce temps et que par conséquent, sa reflexion est aussi subtile qu’une interview de Britney Spears sur ABC.

Mais non. Je réponds gentiment.
-“oh yeah… Is it alwaïze like diss ? I am niou in ze Bay aria.
Et ce connard de rétorquer.
-“ah ah. French, right ?

L’enfoiré.
J’ai sorti une phrase et il a grillé que j’étais pas un natif de la région.
A croire qu’il y a marqué "magret de canard" sur ma tronche.

Je me suis retenu de lui dire :
- “Yeah, right. And you? Guatemala?

Bref, passé cet épisode annonçant une journée sous le signe de l’emmerdement maximal, je reçois un coup de fil de mon Léo.
Je cours m’enfermer dans la cale.
Ah, il y a aussi le commandant de bord au bout du fil. Voyons un peu la route du Rhum qu’ils me proposent…

Plusieurs itinéraires sont possibles, en fonction de la taille de l'iceberg et de la réactivité du paquebot.

Faire demi tour et revenir au port d'origine.
Ou  
essayer de bâtir un autre paquebot à proximité du Titanic.
Ou aller droit vers l'iceberg et prier pour que seuls 4 compartiments soient touchés. Au delà, le bateau va sombrer...
 

Nous devons en rediscuter plus longuement lundi, pour essayer de trouver la solution la plus intéressante pour tout le monde. Mais l'iceberg paraît déjà trop gros pour tenter de rester à bord.

Une chose est sûre pour moi : je ne resterais pas avec ma robe et mes bijoux sur ce rafiot !

J'ai déjà un billet de retour pour le 21, il est possible qu'il soit avancé en fonction des intempéries.

Une fois de plus, on enclenche la navigation à vue, et la décision finale ne se fera pas avant une dizaine de jours...

Suspens suspens ! Le Titanic va-t-il sombrer ? Rose et Jack vont-ils réussir à trouver leur bonheur ?
L'orchestre continuera-t-il à jouer du mambo ?

And my heart will goooo oooonnnn....

lundi 10 septembre 2007

2 hétéros à San Francisco

Vendredi soir, Davy atterrit à l’aéroport de SF, vol en provenance de Los Angeles par Alaska Airlines. Oui, certains noms de compagnie font froid dans le dos (calembour !)

Nous partons manger au Luna Park, endroit hype dégotté sur le net. Excellente bouffe et très bonne ambiance, une adresse à conserver pour les futurs visiteurs.

Samedi matin, après une furieuse grasse mat dont nous avions bien besoin, nous retournons à SF pour une journée prévue sous le signe du tourisme.

A commencer par un petit périple dans Chinatown, où les écritures, la langue, la bouffe et les magasins sont déconnectés de San Francisco. Tout est écrit en chinois, les grocery store vendent des piments et des fruits que vous aurez du mal à trouver ailleurs, et …. vous êtes le seul à faire 1m85. Petite pensée pour la sœur à Tokyo qui doit baigner dans cette sensation toute la journée !

On enchaine avec le quartier Italien, moins typique mais les restos sont sympas et très animés. On sent surtout que la communauté présente est soudée et structurée, ce qui n’est pas le cas de la communauté française.

On termine ensuite par un gros détour à Union Square, royaume du shopping. Il faut savoir que je suis en plein relooking du Davy depuis quelques semaines : je reporte – en partie - mes pulsions d’achats sur lui, ça soulage mon banquier, et Davy devient plus que présentable.

On avait commencé soft chez Calvin Klein à LA, puis on avait enchainé chez Guess, et Diesel, c’est vous dire la montée en gamme. Sa Visa a sacrément chauffé et moi je joue les conseillères.

Ce samedi, toujours dans mon escalation de marques, je l’emmène chez Armani (oui je sais, j’ai des goûts incroyables, que voulez-vous). Première surprise : en vitrine, des mannequins vivants en caleçon !! 10 mecs en vitrines, juste vêtus de caleçon ou slip, et qui restent posés devant tous les passants et surtout passantes. 2 autres à moitié à poil vous accueillent à l’entrée.

Chez Armani, je dégotte un blouson en cuir sur lequel Davy flashe littéralement. Le vendeur arrive, l’américain-avenant typique.
Déjà, à la base dans les magasins ils sont très sympas, mais là… il y avait… comment dire, quelque chose en plus.
- "Hey! You like this jacket?
- Oh yes, ite ise bioutifoule
-
Yeah yeah ! Hey my name is Mike, where do you guys come from?
(il me serre la main)
- I am Tom, I live close tou ze city , maï friende is justeu coming from LA but wi hare both from France.
- Oh French guys, cool ! Is it your boyfriend ?




Putain je savais qu’elle allait finir par nous tomber dessus celle-là.
Nous nous voyons tous les week end depuis 1 mois, on fait du shopping ensemble, on dine ensemble et il dort chez moi.

Ca n’a rien à voir avec un boyfriend.

Donc Mike, t’es gentil mais tu vas te détendre je te le dis tout de suite.
- "No he’s not. We’re just…friends, you know !
- Haha yeah I see! Ok hold on Thomas, I’ll be right back”


"I see I see", il veut dire quoi par là bordel ?
Davy se décide et embarque son blouson de cuir à 450$, et moi je vais essayer quelques jeans. Rien ne va, Mike vient à la rescousse en cabine.
- “Ok guys, I don’t have 34-32
anymore. Hey after that, we do what we want together ok?” fit-il en enchainant un clin d’oeil.

Davy se tourne vers moi, blanchâtre.
Moi, je fixe mes pompes, mon visage vire au rouge Golden Gate.
Bordel, ce mec nous a proposé une partouze. On voulait juste des fringues, on repars avec un corps entier.

Nous sortons rapidement de ce traquenard, puis nous dégottons des places de théâtre pour le soir. Rien de tel que d’aller voir une pièce le samedi soir avec son boyf.. Hum, son pote.

Une salle minuscule, 15 personnes dans l’assemblée et un enchainement de stand-up au programme.
On se demande un peu ce qu’on fout là, mais l’accueil est très chaleureux. L’animatrice monte sur scène, et procède gentiment à une présentation des 15 personnes pour détendre l’atmosphère.

Il y a donc des anglais, des américains du Nevada (mais pas de Las Vegas, alors on appelle ça des péquenots), des gens de SF et « Oooh you guys are from France !! Oh bionjiour commient ço vo ? »
-Oh you speak french ! Ca va très bien et vous ?
Yeah a bit of french! I’m very good, that’s fannntaaaastic we’ve got french people tonight !! Are you ... hmm… together?
(sourire en coin)

Bordel.
2 fois dans la même journée. Mais puisqu’on vous dit que non, on est pas together. Pas au sens où vous l’entendez !!

Finalement le spectacle commence, les intervenants s’enchainent, et on est vite pris dedans.
C’est très drôle, c’est chaleureux, et l’ambiance est excellente. Les thèmes de prédilection : les futures élections (Bush n’est vraiment pas aimé ici, tout le monde est en faveur d’Hilary Clinton), les gays, et le sexe.

Il y a des allusions au charme français soit disant redoutable pour les américaines (mais jusqu’ici nous n’en sommes pas la preuve vivante), et des reflexions sur les élections présidentielles en France, preuve que nous sommes dans une grande ville « ouverte » avec des gens plutôt bien informés.

La soirée se termine après un resto et un bar, et nous rentrons à San Mateo…comme deux pédés oui.

Dimanche, direction Sausalito au nord de San Francisco après avoir passé le Golden Gate. Sausalito, ville-marina un peu bobo, avec pas mal de maisons flottantes. Sympa et mignon mais pas de quoi flâner une semaine, parfait pour un dimanche après midi donc.

Je dépose Davy à l’aéroport, il repart en France vendredi prochain.
Nous nous revoyons peut-être dans 2 mois pour quelques nouvelles escapades, avec parmi les idées qui trottent : Grand Canyon, Mexique, et Vancouvert.

Il faudra choisir, c’est fatiguant d'être riche comme ça…

samedi 8 septembre 2007

Le questionnaire "Femme Actuelle" de l'immigration américaine

Quelques bonnes nouvelles après la semaine la plus hard niveau boulot.

Judy, la successeur de Janet (rappelez-vous : la truie des RH de Los Angeles qui est partie comme une bitch) a fait un super boulot.
Enfin, son boulot normal, mais en version rapide et cordiale, ca s’apprécie.

Je dois maintenant fournir tout un tas de papiers plus ou moins utiles et surtout remplir le questionnaire d’immigration.

Ce fameux questionnaire, identique à celui que vous aurez lors du vol 84 (pour les chanceux qui viendront me voir), comprend quelques perles que je me permets de vous citer ici. Si vous répondez oui à l’une des questions, vous devez expliquer et détailler sur un feuillet séparé. Ce qui ne signifie pas « prouver », ils sont comme ca les américains : basiques.


 Been arrested, convicted or imprisoned anywhere in the world? Y/N


Been a prostitute or promoted prostitution? Y/N
Ah merde… Pas évident. Il manque un « souvent ».


Engaged in any unlawful commercialized vice? (e.g. illegal gambling) Y/N
Et là je me rappelle Las Vegas, les putes, les jeux d’argents, la drogue…


Been involved in, or tried to enter the U.S. to, engage in espionage, export control violations, or subversive/terrorist activities? Y/N
J’imagine James Bond qui coche « oui ».
Arrivée à l’aéroport « Oh, bienvenue Mr Bond, excusez nous, nous ne vous avions pas reconnu ! On a cru à un vrai terroriste. Mis Moneypenny vous attend dans les toilettes».


Participated in genocide or persecutions directed by the German Nazi government? Y/N
Aaah alors, là, ça c’est du lourd, du vrai, de la bonne grosse question bien glauque.
Et vous alors Buffalo Bill, il va bien ? Pas trop de remords ?


Been a member/affiliate of a terrorist organization or any Communist or totalitarian party? Y/N
Au moins ils ont cette chance de pouvoir refuser légitimement Besancenot à l’entrée de leur pays. Rien que pour ca, j’aime bien les US.


Had a significant contagious disease (e.g., AIDS, HIV, syphilis, tuberculosis etc.) or a dangerous physical/mental disorder, or ever been a drug abuser or addict? Y/N
Je fais un peu d’aérophagie, ca compte ?


Practiced polygamy (or plan to practice polygamy) in the U.S.? Y/N
Ah ben ça tombe bien que vous en parliez justement parce que j’ai du mal à conclure ici. Un mois de galère !!
Et je plan to practice polygamy à mort, désolé mais c’est comme ca et pas autrement. Je fais pas 15000 bornes en avion pour me la mettre sous l’oreiller !!


Do you have any specialized skills or training such as firearms, explosives, nuclear, biological or chemical experience? Y/N

J’avais déjà du mal à découper une feuille de chêne dans mes cours de bios alors les firearms et les chemical experiences, c’est pas pour tout de suite…


Have you ever been in armed conflict as a participant or victim? Y/N
Armed conflict, armed conflict... Attendez… Sur du jeu online, on doit le dire ou pas ?


Voilà, la bonne nouvelle c’est qu’apparemment on est dans les temps, il faut 30 jours pour obtenir le visa, et non pas 60. Faut pas trainer mais on dirait que la merde s’éloigne.

Et la gentille Judy a répondu à mes questions sur le social, les prets, et le permis. Bref, manquerait plus qu’elle soit canon et c’est la femme parfaite.
Je vais demander à Davy si elle est bien tiens, vu qu’il est au bureau de L.A…

Bon week end à tous ! Rendez-vous lundi pour un recap du week end à SF avec l'ami Davy :)




mercredi 5 septembre 2007

Las Vegas, tu parles d'un road trip !

Vendredi après midi, 17h, je grimpe dans ma Chevrolet type "K2000", je branche l'ipod, et je rentre ma destination dans le GPS : "S...A..N...T...A......M..O...N...I...C...A"


Car, je le rappelle, il s'agissait d'un week end de 3 jours grâce à la fête du travail ce lundi.

J'arrive donc vendredi soir vers 01h dans la chambre de Davy, toujours au Huntley Hotel.

Réveil 4h30 plus tard, les voituriers amènent ma monture (et vous leur laissez forcément 5$ hein), nous branchons encore le GPS, mais cette fois : « L..A…S … V..E..G…A…S ». C'est parti !!!

Comme les routes sont droites, la nana du GPS s'emmerde un peu : « In 580 miles, turn left… in 579 miles, turn left… »

Nous traversons le désert, et nous nous enfonçons dans la route croisant la Californie et le Nevada, sorte de ruban droit en mauvais état.

Tout comme dans les films, le désert est effrayant et plein d’inepties… Parfois au milieu de nulle part et de toute âme, vous voyez une boite aux lettres en bordure du freeway. Vous ne voyez ni maison, ni voiture, mais vous savez que quelque part il y a une baraque dans le coin. « Chérie, je vais chercher du lait, je reviens dans 2 jours »





Et puis, à 30 min de route de Las Vegas, au milieu du désert, pouf, une mini ville.
Comme un champignon sorti de terre, il y a un centre commercial, 1 Starbuck, 2 hôtels, un outlet (magasin de discounts de grandes marques), et un circuit de montagne russes au milieu de tout ça. A 30 minutes de Las Vegas, personne ne sait pourquoi ici et pas ailleurs, et c'est tout simplement hallucinant.

Encore un peu de désert, il est 11h du mat et nous voyons au loin Las Vegas qui pointe son nez, quelques écrans géants commencent à s'affoler.

Première mission : trouver un hôtel pour la nuit. Blackberry dégainé, Expedia, hop hop, 15 minutes plus tard nous avons une chambre à l'Excalibur.
Nous découvrons juste après pourquoi l'hôtel porte ce nom.
Ca ressemble à ça.





Oui, c'est moche. C'est de mauvais gout. Disneyland bis.
Nous arrivons à l'hôtel avec tous les autres touristes, les chasseurs se pointent vers la voiture et nous ouvrent la portière.

ARGHHHHHHH 45° DEHORS !!! C'est chauuuud…

Vite, courons à l'intérieur de l'hôtel !

Arghhhh putaiiinnn mais il fait -10° avec la clim à bloc !!


Au passage, n'ayant plus de monnaie, j'ai du laisser un joli 20$ de pourliche au voiturier.
Le mec a du me prendre pour un actionnaire de Google, et il m'a dit très sérieusement : « Sir , when you come back tomorrow, just ask for me, okaaayyy ? »
Sans dec, à ce tarif là t'auras intêret à avoir lavé ma caisse à l'eau minérale, ce sera pas du vol.

Check in à l’accueil, puis nous traversons l'immense hall de l'hôtel, bourré de machine à sioux et de tables de jeux, de bars, de restos, et d'américains.
Les serveuses sont en tenues médiévales, et nos chambres ressemblent au décor de tournage de Kaamelott : cadre de lit en bois type « château du moyen age », lumières glauques, tapis brodés avec des fleurs de lys…
Il ne manque plus que la clé de la chambre en fer forgé et la facture en parchemin pour parfaire le tout.
Kitsch à mort.

Nous commençons à nous balader dans ce labyrinthe infernal qu'est Las Vegas.
Dans les casinos vous ne trouvez pas les sorties, elles ne sont pas indiquées et vous ne voyez pas la lumière naturelle.
A l'extérieur, vous ne tenez pas plus de 15 minutes, vu la température.

Rappel de base :
Aux US, un piéton c'est soit un pauvre, soit un touriste perdu.
A Las Vegas, un piéton, c'est un inconscient dont les minutes sont comptées.

On a quand même vu un mec faire son footing dehors.
A mon avis, soit il est mort, soit on le verra à Pekin l’an prochain.


Nous marchons sur la célèbre avenue subtilement appelée « Las Vegas Blvd », et nous croisons le Bellagio, le Caesar's Palace, le Mandalay Bay, une tour Eiffel, l'arc de Triomphe, un bout de New York, le Brooklyn Bridge, la Statue de la Liberté… Bref c’est le bordel.
Et mon dieu, que c'est laid. C'est ignoble, j'en vomis encore.

Tout est construit sans aucune cohérence, les bâtiments s'enchevêtrent, les casinos font des concours de mauvais gout et les architectes locaux sont spécialisés dans la reproduction 1/3 en version moche.
« - Eh les gars, on a 300m² disponibles sur ce terrain vague!! Et si on faisait un mini Taj-Mahal en version mexicaine, avec des emblèmes d'art Japonais ?
- Brillante idée Bob, on va en faire un casino tiens, ca nous changera

Le pire du pire, c'est l'Hôtel "Le Venitian". Voyez plutôt :




Oui ils ont osé.
Au deuxième étage de l'hôtel, ils ont mis un mini-Venise, avec la totale :
Les gondoles qui sillonnent un circuit de piscine, les chanteurs italien, les terrasses, des façades de bâtiments soit-disant typiques, le coucher de soleil (regardez le ciel, c'est un plafond éclairé).

Même le gouvernail en bois a des traces noires pour donner un aspect « authentique ».
Les gondoles sont à moteur, on voit les gondoliers appuyer discrètement sur un accélérateur sous leurs pieds pendant que les touristes lèvent le nez.

Très bonne question de Davy :
"Excuse me sir, do we have to pay for this ?"
"Yes sir, 20$ per person".
Forcément au pays du dollar, même le mauvais gout n'est pas donné.

Un peu plus loin, une reconstitution de Paris. La tour Eiffel qu'on peut voir dehors, et dont un pied qui s'enfonce illogiquement ici, se colle à un mini Pont-Neuf, à la croisée d'une terrasse géante (en l'intérieur bien sur) et des tables de Black Jack.






Sur la bonne impulsion de Davy, un spectacle s'impose ce soir. Ce sera les Blue Men Group :




Oui la fameuse pub Intel, ce sont ces types. Avant la pub, ils étaient connus pour un spectacle, et c'est celui-ci que nous allons voir.

Et le spectacle fut à la hauteur, très pro, un peu barré mais bien mené et un finish hallucinant (la salle de spectacle entièrement recouverte de papier déroulant, les gens emmêlés au milieu).

En sortant à 22h il fait presque bon pour se balader.
Oui il ne fait plus que 33° malgré la nuit.
On tente de rentrer dans quelques nights clubs mais impossible, trop de monde, trop select. Nelly Furtado passe la semaine prochaine, et ensuite il y aura Timbaland, c'est vous dire le niveau select.

Les filles sont à l'image de Las Vegas : « trop ».
Trop bien, trop belles, mais trop américaines. Et trop payantes aussi.

Sur un escalator on se fait aborder par 2 demoiselles:

(voix nazillarde d'américaine)
- "yeaaaah I live in Vegas…
- Ah, and what's your job ?
- I'm in the entertainment
- …hum…what kind of entertainment ??
Sa copine enchaine :
- The best entertainment: sex ! Haha"

Et là, généralement on prend soudainement un accent franco-bidochon
- "sowwy I don't ondeurchtant… Me come Paris… Not anglish"

La prostitution est bien présente, bon nombre de filles sont des escorts, et les rabatteurs sont repérables.
C’est la classe ultime, et le comble c’est que les flics ne bougent pas.

Par contre, ils arrêtent le black qui traverse en dehors des clous. ON NE DECONNE PAS AVEC LES PASSAGES PIETONS à Vegas, attention !!
Tapez vous des putes, sniffez tant que vous voudrez, claquez 10 000€ dans des jeux de hasards, mais faite gaffe aux passages piétons quand même, merde !


Dernier détail de la vie à Vegas, si vous venez pour un congrès sur l’écologie, c’est raté je vous le dit tout de suite.
Il y a des climatiseurs partout dehors pour refroidir 1m², des vaporisateurs d’eau géants aussi. Tout le monde roule en Hummer, et le soir on sort le Hummer limo. Tout est éclairé en permanence, les intérieurs sont climatisés à l’excès, il y a des fontaines inutiles partout, on arrose les pelouses régulièrement, il y a des aquariums à dauphins, et Céline Dion fait un spectacle. Bref, même Roselyne Bachelot pourrait se sentir mal à l’aise, c’est dire.






Le lendemain, le programme est improvisé. Le Grand Canyon est trop loin en voiture, l'hélico est trop cher pour y aller (300$ par tête), et nous n'avons qu'une journée alors qu'il en mérite surement plus. Un futur week end de trekking en prévision…

Nous faisons donc quelques outlets, puis nous rentrons en fin d'après midi à Santa Monica pour un lundi férié prévu sous le signe de la glande à la plage.

Il faut quand même savoir que pendant la fête du travail, tous les magasins sont ouverts ici. Le reflexe franco-français « vous êtes ouverts entre midi et 2? » ferait bien marrer les américains.

Le lundi matin, après une bonne nuit de sommeil, je fais mon footing le long de la plage avec les Mitch Bucchanon et Pamela Anderson locaux, après avoir pris un petit dej au dernier étage du Huntley, dont la vue domine la côte Pacifique. La vie a quand même de bons côtés…

Le soir, je reprends la route direction San Mateo.
En chemin j'appelle ma soeur au Japon qui décroche avec un "mushi mushi ?". Génial :-)
Mushi Mushi aussi Manue, il me tarde de venir vous voir !

Le week end prochain, Davy me rejoint à San Francisco. Un futur week-end dans une vraie ville avec des vrais gens, pas dans une fournaise ignoble avec des fous furieux.
Vegas, moi ? Plus jamais!

PS : Quelques photos de Vegas sur le lien à droite "les photos", comme d'hab
PS2: Merci à tous pour vos encouragements et vos commentaires à propos du blog, ca fait très plaisir :) Car je le soigne le petit !

Biz à tout le monde !